Méditation pleine conscience

Le chemin vers Soi

Un jour, j’en ai eu marre du mental ! Penser, ruminer, retourner les situations dans ma tête. Le pire, c’est que j’en avais marre de vivre avec moi-même;  étrange, n’est-ce pas ! Tellement triste, finalement. C’est alors que je me suis dit qu’il me fallait trouver d’autres façons d’aborder la vie. Je me suis inscrite à des séances de méditation, un cycle de 8 semaines, à raison d’une fois semaine. Et j’ai commencé à méditer chaque matin, de très courtes périodes. Je cherchais à tâtons un chemin pour trouver la sérénité perdue. Pour sortir de ma tête. Pour accueillir la VIE telle qu’elle se présentait. J’ai essayé et…ça fonctionne ! Rien de magique, il s’agit  de persévérer sans avoir d’attentes. De subtils changements se produisent au fil du temps.

Au début, ce n’est pas évident car je  flirtais avec  le vide ; c’est déstabilisant le vide quand on n’y est pas habitué. Ce sentiment était surtout dérangeant (au début) quand je faisais l’effort de vivre  le moment présent au quotidien. Je sentais que je perdais pied, une sorte de vertige s’emparait de moi. C’est comme s’il fallait s’habituer à une autre façon de vivre,  moins enlevante, mais qui s’est avérée  tellement plus satisfaisante avec le temps . J’ai persévéré malgré certains inconforts et j’ai commencé à lire Eckart Tollé. C’est alors que plusieurs paroles ont commencé à donner plus de sens à ma pratique, à ma vie  et à me guider afin d’être en paix. Pas nécessairement plus heureuse, mais en paix. Et de réaliser que cette paix, elle était bien plus précieuse que le bonheur, car peu importe ce que je vivais, je pouvais  retrouver cet espace paisible en moi.

Il y a la fameuse phrase : Tout passe qui a pris de plus en plus de sens et m’a tellement aidée à apprécier la vie telle qu’elle est. C’est fou combien on vit des épreuves et  notre être est capté en entier dans la situation alors que le lendemain, tout est fini, on est  en paix…Tout  passe tout le temps. Le bonheur, le malheur, le mauvais temps… Ainsi j’ai réalisé que  l’un des grands obstacles au bonheur (à la paix), c’était de croire à la permanence des choses alors que tout est impermanent. Tout, tout le temps.  

J’ai passé un été à lire Tollé, une méditation en soi. D’ailleurs, m’intéresser à ce genre de lecture me surprenait ! C’est que je comprenais ce que je lisais puisque j’avais commencé à méditer et à ressentir certains effets. Je touchais parfois la plénitude du moment présent. Parfois. Pas souvent. Pas longtemps. Mais c’est tellement bon. Je trouvais une autre façon d’aborder le quotidien et je découvrais une dimension nouvelle à une existence devenue tellement insatisfaisante.

Les jours où j’étais en désaccord avec moi-même, j’ai appris à me poser cette question proposée par Tollé: Qu’est-ce qui ne va pas en ce moment ? On croit à tort que planifier comment les choses pourraient aller mieux dans le futur, c’est ainsi qu’on aura le contrôle, que les choses iront mieux, que nous serons enfin heureux… On croit à tort que ressasser de vielles histoires du passé pourraient nous aider à faire mieux… Tout faux. On ne peut jamais composer avec le futur. Ni avec le passé.  Il n’y a que  le présent que l’on peut contrôler, le vivre pleinement avec ses imperfections.  Le reste est illusion, manigance du mental.  « La réponse, la force, l’action ou la ressource justes se présenteront lorsque vous en aurez besoin. Ni avant, ni après. » (E. Tollé)

Et puis, il y a l’ÉGO, ce fauteur de trouble. J’ai enfin compris dans toute sa splendeur le sens de ce mot de 3 lettres ! Se valoriser, en vouloir plus, contrôler les situations, avoir raison, etc. Autant de besoins qui nous éloignent de notre Moi, de notre essence vraie, du présent. Un jour, à la fin d’une méditation m’est venue cette révélation en lien avec ma crainte de ne pas être aimable : Je suis moi. M’accepter, enfin, et vivre pleinement. Depuis ce jour, je m’accepte au lieu de vouloir me changer pour plaire à certains. Et surtout, je me fous de déplaire à d’autres ; je me tourne vers ceux qui m’apprécient avec toutes nos imperfections mutuelles.

Ne rien attendre, c’est très important quand on commence à méditer. Les attentes sont contraires à la méditation. Juste méditer et constater ce qui changera. C’est fort intéressant de ressentir autrement, d’aborder le quotidien différemment, car c’est ce qui arrive. C’est un rendez-vous avec soi-même  qui prend sûrement une forme différente pour chacun. Le vrai Soi sous le les faux-semblants des exigences de la société moderne.

Sortir de sa tête, juste être, respirer, apprécier… Déconnecter de ses pensées qui ne mènent nulle part.

Méditer m’a menée à une lente et douce révélation. Pas tout de suite, mais avec le temps. C’est vraiment intéressant de voir la vie autrement, de réaliser que l’on est unique, que chacun de nous est unique, de le ressentir, le vivre, l’intégrer. Un monde nouveau s’offre à nous, est à découvrir. La vie se passe maintenant, ne la laissons pas s’écouler sans nous.

Roxane Lefebvre, 24 avril 2017

Montréal, Québec

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