La pause méditation

Le pot de pâte au chocolat à tartiner…

J’ai toujours eu un rapport compliqué avec la nourriture. Quand je suis fatiguée, triste ou angoissée, je mange. Je mange plutôt des aliments sucrés qui me procurent un plaisir immédiat. C’est une façon de me faire du bien. J’ai beau savoir que c’est une fausse solution, quand l’envie est là je perds le contrôle. C’est comme si j’étais possédée.

Alors que je me sentais plutôt dans un état paisible depuis un certain temps, l’appel du sucre est venu me tarauder à nouveau un soir. Mon esprit s’est entièrement tourné vers le pot de pâte au chocolat à tartiner que je savais rangé dans mon placard. Et la lutte a repris. J’ai d’abord tenté de raisonner. Je n’avais pas faim, donc aucune raison de manger. Et puis en me jetant sur ce pot, je savais qu’après le plaisir immédiat je m’en voudrais à cause des kilos et autres problèmes de santé engendrés. Ensuite, sentant que l’envie ne disparaissait pas, j’ai commencé les reproches : “t’es nulle”, “t’as aucune volonté”, “ne viens pas te plaindre de tes kilos en trop après”. J’ai réussi tant bien que mal à résister et je me suis couchée non pas apaisée mais soulagée.

Malheureusement au réveil, le pot de pâte au chocolat à tartiner continuait à m’obséder. Pas besoin d’ouvrir le placard, je le voyais très bien. J’imaginais aussi avec beaucoup de réalisme le plaisir que je ressentirais si je cédais. Alors j’ai recommencé à lutter. J’ai tenté à nouveau la raison, puis les reproches. Je me suis mise à m’activer pour penser à autre chose. Mais rien à faire. Plus je résistais, plus l’envie devenait incontrôlable.

Et puis à un moment j’ai dit STOP. Je trouvais la situation ridicule, lutter me fatiguait et à cet instant j’avais besoin de comprendre. Alors je me suis assise et j’ai observé ce qui se passait en moi, dans mon esprit et dans mon corps.

Physiquement, il y avait comme une certaine tension dans l’ensemble de mes muscles et quelques tremblements. Et puis au creux du ventre j’ai ressenti un vide. Ce n’était pas de la faim. En ressentant ce vide m’est venue l’image d’un trou noir.

Dans mon esprit je ressentais comme une urgence, presque comme s’il était question d’une urgence vitale. Et là aussi, un sentiment de vide. Il y avait également une certaine peur.

Paradoxalement, découvrir tout cela m’a apaisée. Je crois bien que c’était la première fois que je m’intéressais à ce qui se passait en moi lors d’une de ces crises. J’étais surprise aussi par cette découverte et curieuse d’en savoir plus parce que je savais que je n’avais qu’effleurer ces sensations.

Le soir même j’ai fini par craquer. Mais finalement ce n’était plus si grave parce que ce jour-là j’ai découvert que je possédais un certain pouvoir. J’étais plus forte que je ne le pensais.

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