Méditation hôpital

Méditer à l’hôpital – Témoignage.

L’Hôpital. J’attends mon tour pour prendre les étiquettes qui me permettront d’honorer mon rendez-vous avec le spécialiste.

Je ne suis pas seule : c’est un véritable hall de gare. Il y a du bruit, de l’impatience, des rires , des bavardages incessants, de l’inquiétude palpable… des odeurs aussi. Il fait si chaud.

45 minutes d’attente déjà. Je commence à m’avachir sur mon siège. C’est comme une noyade; je sens progressivement une certaine appréhension roder autour de moi, la peur frapper à ma porte.

La peur ? Oui, la peur. Cette peur cachée par les rires, les bavardages, l’agitation. Oui , cette peur, la peur du verdict, faut il se l’avouer, est communicative, et soudain palpable.

Alors, je me souviens que j’ai des armes pour repousser l’envahisseur, des armes toutes simples. Je me redresse .Je ferme les yeux, je prends 3 profondes respirations. Puis tout en me laissant respirer tranquillement, je me concentre sur cette respiration, sur ce ventre, ce buste qui se gonflent et se dégonflent légèrement, tout doucement à tour de rôle. Je deviens cet air qui m’emplit et me caresse dans ce va et vient dont je suis la seule chorégraphe. Petit à petit, mes pensées, mes émotions me traversent sans laisser d’empreinte. Je suis là, présente à moi même, à cette vie au creux de moi. Le bruit, les odeurs, les pensées négatives se sont éloignées de moi… ou peut être est ce moi qui m’en suis éloignée…

J’ouvre les yeux. Mon numéro est passé. Je suis calme. Je me lève, me dirige vers un bureau dans lequel une secrétaire est en train de remettre les étiquettes à un patient qui vient d’être appelé. Je la prie d’excuser mon absence lors de l’appel de mon numéro. Elle me propose de venir directement la voir lorsqu’elle aura fini avec la personne dont elle s’occupe.

Quand je prends place à mon tour devant elle , je lui dis combien je suis navrée. Je lui avoue n’avoir rien vu car je m’étais isolée dans un moment de méditation. Elle affiche alors un beau sourire et me dit : “Vous faites de la méditation ! J’en ai fait pendant très longtemps. J’avais 14 ans quand j’ai commencé. J’ai fait cela parce que j’’étais mal dans ma peau et que j’avais beaucoup de violence en moi. Cela m’a beaucoup aidée. Et puis, je n’ai plus pris le temps. Mais l’année dernière, à l’hôpital, nous avions droit à une session de méditation par semaine. C’était pour le personnel mais en réalité, c’était ouvert à tout le monde. C’était fantastique. Je regrette ce temps là. Mais je peux dire que la méditation a changé ma vie.” Inutile de dire que la discussion a duré plus que le temps officiel imparti à chaque patient. Belle expérience. Belle rencontre. Des idées.

Voilà. C’est tout. C’est peu et c’est beaucoup. Des conclusions à tirer, je pense et de beaux projets à envisager me semble t’il.

La méditation n’est pas une mode, elle traverse les âges, peu importe son nom.

Michele Taulelle

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