Mon témoignage sur l’intérêt de la méditation

La méditation pleine conscience aujourd’hui : une mode, une forme de thérapie, un véritable nouvel art de vivre ?

Jusque sur les ondes radio lundi dernier, de bon matin sur le chemin du travail, j’entends l’animateur lancer soudain à son équipe : « C’est très à la mode à la méditation, c’est vrai, j’en entends parler partout, pas vous ? …. » En effet, la méditation, depuis quelque temps commence à poindre le bout de son nez un peu partout et elle est de plus en plus sous les feux des projecteurs : reportages de célèbres journaux télévisés, magazines de sciences humaines, journées « S’asseoir ensemble » aux quatre coins de la France, nouveaux « bars à méditation », et même jusqu’aux conversations qui arrivent à mes oreilles au restaurant d’entreprise où je déjeune quotidiennement ! Puis désormais ici aussi avec La Pause Méditation… 🙂 !
Alors certes on en parle, mais d’où vient la méditation pleine conscience ?

méditation pleine conscience

Je n’aurai pas la prétention de vous raconter la genèse de la méditation pleine conscience, étant une débutante en la matière. Mais j’ai éprouvé moi-même le besoin de me poser cette question à mes débuts en méditation, et je trouve intéressant d’avoir à l’esprit que la méditation ce n’est pas nouveau, ni sorti d’un chapeau. Elle existe en effet depuis des millénaires en Orient, issue principalement du bouddhisme. Et avant de la nommer “effet de mode” un peu à la légère, replaçons le contexte véritable de son expansion récente dans notre monde occidental. Depuis 1979, elle a été « utilisée » à des fins que l’on peut  nommer thérapeutiques, par le célèbre professeur émérite de médecine Jon Kabat-Zinn, pour aider ses patients à gérer leur douleurs, et leurs maladies ainsi que stress, anxiété… Nous sommes en 2017, et cette pratique se révèle au grand jour après avoir vécu un peu dans l’ombre finalement, très discrète sur les bancs de méditation français. Elle ne commence en effet à faire parler d’elle doucement en France que depuis quelques années : Matthieu Ricard, Christophe André sont peut-être les premiers noms dont vous avez entendu parler sur le sujet…

Bref, la méditation pleine conscience se médiatise, et cela a toujours ses bienfaits et ses travers. Mais envers et contre tout, elle prend de l’ampleur autour de nous, plante des graines de sagesse dans le cœur et l’esprit de nouveaux méditants, doucement mais sûrement, au fil du temps. Même les écoles s’y mettent : yoga et médiation y font leur apparition, favorisant entre autres le respect et la concentration des élèves dans un monde où ils sont sur-stimulés. En médecine aussi, elle commence à être utilisée dans certains hôpitaux, et un diplôme de plus en plus prisé : « médecine, méditation et neurosciences » a même été créé en 2012 à la faculté de médecine de Strasbourg, sous l’égide du rhumatologue Jean Gérard Bloch !

Alors pourquoi cet engouement de nos jours pour la méditation pleine conscience ?

méditation pleine consciencePourquoi d’un seul coup cet intérêt collectif, sociétal ? Effet de mode disent certains ? Mais à regarder les études publiées par les neurosciences, y aurait-il finalement de véritables bienfaits à s’y atteler ? Des bienfaits de surcroît efficaces et durables sur le corps et l’esprit ? On nous laisse même entrevoir qu’elle pourrait avoir un véritable effet antidépresseur…

Rien de tel alors que de vous parler concrètement avec un peu de mon expérience pour illustrer ce questionnement.

« Etre ou ne pas être? » disait Shakespeare.  Aujourd’hui, pour éprouver ensemble l’intérêt de la pleine conscience, je pourrai m’amuser à vous dire : « être là ou ne pas être là ?, telle est la question ! ». La question que l’on peut se poser en abordant le chemin de la pleine conscience, en faisant le choix de s’arrêter à un moment donné de sa vie et de son existence, dans nos vies bouillonnantes, trépidantes, dont le rythme est guidé par les diktats de « wonderful lifes » médiatisées sur nos écrans télé. Et quand notre quotidien devient ainsi un parcours du combattant pour atteindre un idéal de vie, ajoutez à cela un peu de manque de reconnaissance et de non sens au travail, et le cocktail peut vite devenir explosif…  Un jour, on ne se reconnaît plus dans ces tableaux de vies et peut soudain s’immiscer le sentiment d’être passé à côté de beaucoup de choses et surtout de … soi-même !

méditation pleine conscience

A l’instar de ma propre expérience, mon corps a fini par me dire STOP, car je ne voulais pas l’écouter dans cette frénésie de tous les jours. Longtemps j’ai résisté, puis j’ai fini par me laisser porter vers la réconciliation avec moi-même jusqu’à découvrir la méditation, un an plus tard. “Pourquoi si tard ?”, me suis-je dit souvent, mais comme disait ma « prof » de pleine conscience avant que je ne me décide à suivre le protocole MBSR* : il faut « sentir que c’est le moment, …et on n’y vient jamais par hasard”. Et je crois qu’en effet ce n’était pas par hasard, sur le laborieux chemin de ma reconstruction personnelle, accompagnée par diverses thérapeutiques, je commençais déjà à méditer sans en avoir conscience. Je me souviens d’un matin de vacances bercé par les flots, appréciant avec le « regard neuf du débutant » (l’un des 7 piliers de la pleine conscience) une nature immaculée, et laissant couler des larmes d’émotions en connexion, là, juste là, j’étais là, présente à ce moment, à cet instant, à sa valeur et je le vivais pleinement.

Je me souviens être revenue de ces vacances plus ré-énergisée que jamais, moi qui était éreintée et  très fragilisée, mentalement, physiquement, j’ai eu l’impression d’avoir eu une gigantesque bouffée d’oxygène qui m’avait redonné mes facultés intellectuelles et ma vitalité.

 C’est seulement lorsque j’ai commencé à méditer « formellement » que j’ai fait le lien avec cet état de mieux-être, et à entrer dans la compréhension profonde de  l’instant présent. Cet instant présent que j’ai cherché à saisir de nombreuses fois, et qui échappait toujours à mon esprit, tel un papillon en vol qu’on cherche à attraper, je suis restée frustrée de nombreuses fois de ne pas savoir l’éprouver.

méditation pleine conscience

Alors, c’était bien le moment pour moi. Après avoir expérimenté d’autres courants thérapeutiques dont  la thérapie comportementale, me voilà arrivée devant les portes de l’univers de la méditation. En surfant sur les réseaux sociaux, je tombe en effet sur des articles qui démontrent ”scientifiquement” les bienfaits de cette pratique. « Alors là ! Il faut essayer ça ! » me dis-je, « si même les scientifiques en parlent en bien… ! » Bref, j’ai répondu à un bon vieux réflexe cartésien qui me rassurait sans doute, mais il a bien fait de passer par là, ce réflexe-là… 😉  L’article parle de l’association « mindfulness.org », clic, clic, clic, je clique, je cherche dans leur annuaire un instructeur référencé. Contact avec cette personne, bingo !, elle organise des ateliers découverte de la pleine conscience, c’est exactement ce qu’il me faut !

Je crois qu’à ma première séance, j’ai vécu tous les aspects de la pleine conscience à la fois, je me suis par moments demandée ce que je faisais là, j’en suis ressortie chamboulée, bouleversée, mais surtout persuadée qu’il me fallait y revenir et continuer ! Cette première expérience de méditation guidée a fait en moi un “écho-choc”- pour ne pas dire un électrochoc 🙂 – aux champs douloureux de ma propre expérience  : être en deçà de ses limites, écouter ses sensations, prendre le temps, écouter l’autre en silence.

Depuis ce jour, quasiment instinctivement, j’ai ôté la boîte d’anxiolytiques que je renouvelais dans mon sac à main depuis 10 ans, béquille de mon anxiété chronique… Je ne l’y ai jamais remise, et en écrivant cela, je me demande encore comment c’est possible… La « béquille chimique » aujourd’hui n’est plus, elle a laissé place à une confiance installée tout au fond de moi.

Depuis ce jour, je me suis fait offrir le protocole MBSR* comme cadeau d’anniversaire, un cadeau inestimable, précieux, gravé, ancré en moi. Ces huit semaines sont un véritable Salut pour soi, et la transformation annoncée dans les études fournies par les neurosciences sur le stress, l’anxiété et bien d’autres aspects encore, tient sa promesse. Mais je n’ai plus envie qu’on me l’explique scientifiquement, juste envie de continuer chaque jour, chaque instant à me nourrir de l’instant présent…

méditation pleine conscienceIl me semble parfois que ce que j’ai expérimenté là et expérimente encore, peut orienter nos vies autrement, aujourd’hui où tout va si vite dans nos quotidiens chahutés. Ici, dans l’antre de la pleine conscience, on prend le temps, on écoute, on s’arrête, on ressent, on reprend contact avec soi, avec l’autre dans le respect, l’amour et la bienveillance. Un vaste programme dans nos sociétés occidentales nous imposant un rythme en sens contraire. Mais qui sait, si de plus en plus nous méditons, de plus en plus aussi retrouverons-nous plus de paix et d’harmonie avec nous-mêmes et les autres .

Alors à la question effet de mode ? Thérapie ? Nouveau mode de vie ? Finalement, chacun se fera son opinion. Personnellement j’y ai trouvé la meilleure pratique qui soit, depuis les débuts de mon adolescence anxieuse, pour m’apporter un véritable mieux-être et un nouveau mode de vie et de pensée me permettant d’expérimenter la vie autrement : que ce soit les évènements qui surviennent, les relations avec les autres, ou pour enfin regarder et apprécier les choses devant lesquelles je passais sans jamais les voir. Expérimenter la pleine conscience, c’est décider aussi de changer radicalement quelque chose en soi. Il ne se passe plus un jour sans que je ne m’arrête, ne serait-ce qu’un instant, pour me consacrer à vivre l’instant présent…celui qui aurait toujours dû être là, surtout enfin, celui qui EST là…

Carelle B.

*MBSR : Mindfulness-Based Stress Reduction

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